1er Congrès de l'Afea / 21-24 septembre 2011
Paris (France)
Les algues vertes surveillent-elles les cochons bretons ? A propos de quelques mutations du sauvage et du domestique en contexte d'élevage intensif
Alix-Kathleen Levain  2, 1, *@  
2 : Éco-anthropologie et Ethnobiologie  -  Site web
Museum National d'Histoire Naturelle
1 : Inra Sciences en Société   (SenS)
INRA : UR1326
INRA SenS Université Paris-Est Marne La Vallée Bâtiment Bois de l'Etang 5, Bd Descartes Champs sur Marne F-77454 Marne-la-Vallée -  France
* : Auteur correspondant

Lorsque les algues vertes ont entrepris, au cours des années 70, une sortie régulière et massive des eaux littorales auxquelles elles se cantonnaient jusqu'alors, elles ont perturbé la façon dont les catégories du sauvage et du domestique étaient pensées localement. A ce débordement de l'espace maritime sur l'espace terrestre, a correspondu le besoin de trouver la place de cet être proliférant dans l'ordre symbolique. Explications scientifiques du phénomène, savoirs locaux, mais aussi réactions des « étrangers », ont progressivement constitué une relation indissociable entre les algues et l'élevage intensif de porcs, de l'assimilation des algues « récoltées » à un sous-produit de l'élevage, à la perte supposée de la relation individualisée de l'éleveur à la bête. La double nécessité d'évacuer et de confiner ces espèces les intègre à un système de surveillance multiforme, qui oblige chacun à repenser son rapport à l'autonomie des êtres non-humains, tout en maintenant la possibilité d'un « vivre ensemble » dans l'espace rural.


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