1er Congrès de l'Afea / 21-24 septembre 2011
Paris (France)
Quel positionnement du chercheur devant les mécanismes de domination observés dans une étude au Sud commanditée par le Nord ?
Clélia Gasquet-Blanchard  1, *@  
1 : Département d’Epidémiologie et de Biostatistiques  (UPOND)  -  Site web
Ecole des hautes études en santé publique
EHESP, Rennes-Sorbonne Paris Cité - Avenue du Professeur Léon-Bernard - CS 74312 - 35043 Rennes cedex -  France
* : Auteur correspondant

 

A l'issue d'un terrain de thèse de deux ans au Gabon, je reviens sur les modalités de la construction d'un savoir engagé concernant des villages touchés par des épidémies de fièvres hémorragiques à virus Ebola et ayant « subi » l'intervention des autorités sanitaires et des institutions internationales. Me considérant en marge de l'unité biomédicales m'accueillant et chercheuse de terrain engagée, transcriptrice de la parole des populations endeuillées, je m'attardais sur la contestation émanant des discours plutôt que sur l'identification de leurs conduites à risque.

Ce positionnement se fonde sur la proximité avec les acteurs de l'étude et sur un intérêt pour les phénomènes d'exclusion et les mécanismes de domination. De fait, peut-il être exempt d'une empreinte, politique, voire idéologique ? Les savoirs que construit une science sociale sur l'homme se confrontent à des croyances préalables. La position ne peut-être neutre, car en résulte des problèmes éthiques. L'engagement devient alors politique et ouvre le champ de la recherche en sciences humaines de la santé.


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